Dermatose Nodulaire Contagieuse
Réunion d’information DGAL aux représentants du personnel le mercredi 23 juillet 2025
Animaient cette réunion Maud Faipoux (DGAL) et Pierre Aubert (chef du SAS). FO Agriculture était représentée par : Anne-Marie Bourdeleau, Frédéric Hallochet, Estelle Schenkels, Olivier Tournay et Stéphane Touzet.
Situation :
La DGAL souligne que la dermatose nodulaire contagieuse est une maladie de catégorie A dont la réglementation européenne impose l’éradication. Apparue le 29 juin en Savoie, elle est inédite en France et il faut y faire face en urgence. Elle est contagieuse principalement par vecteurs (insectes piqueurs). À ce jour 34 foyers sont recensés, pour 18 éleveurs.
Les mesures à prendre vont de la restriction des transports (zones réglementées 50 km) à l’abattage total des cheptels concernés, solution la plus efficace pour éviter la dissémination. Il faut réagir très rapidement et fortement. Des arrêtés préfectoraux (AP) d’abattages ont été attaqués en référé devant les tribunaux administratifs (TA); raison a été donnée à la préfecture attaquée.
Renforts :
La DGAL apporte l’appui technique et juridique aux services concernés, mais a également lancé un appel national à renforts, qui a permis de recenser 170 jours potentiels. 7 experts nationaux sont également sur place, et des ETP régionaux ont été redéployés avec un soutien administratif de la DRAAF-SRAL AURA pour la gestion des équipes qui viennent en renfort et des indemnisations.
FO Agriculture interroge l’Administration sur la mobilisation de renforts locaux spécialisés au sein de l’Administration Territoriale de l’État, et si les préfets sont fortement engagés pour soutenir les agents et assurer leur sécurité.
La DGAL répond que les préfets sont engagés sans réserve dans la gestion de crise, et que les propos de la ministre sont sans équivoque pour ce qui est de condamner les agressions. La gestion des premiers contacts fait l’objet d’un protocole établi avec un accompagnement d’éleveurs de la chambre d’agriculture.
FO souhaite également connaître dans le détail les mesures d’accompagnement pour les agents impliqués et les renforts qui s’engagent (amplitudes horaires, garde d’enfants, soutien psychologique…). La DGAL précise qu’à ce stade il n’y a pas d’alerte concernant des difficultés (garde d’enfants…) mais on sait que d’autres services sont venus en renforts locaux, avec également une forte implication du SRAL qui coordonne les dfférents acteurs. L’action risque effectivement de se prolonger au moins trois ou quatre mois jusqu’à ce que la couverture vaccinale soit bien installée.
Pour la semaine prochaine, les renforts sont mobilisés et leur ventilation est en cours. Concernant le volet RH, la DGAL veillera à ce que les horaires effectués, les indemnisations, les récupérations… soient gérés convenablement et pas au détriment des agents. Les congés seront suivis pour le relais entre les équipes au vu du travail intense à venir.
Soutien des équipes :
Le sujet a conduit à beaucoup de réactions des éleveurs et des syndicats agricoles. Certains agents ont été malmenés par des éleveurs. Presque tout le monde est conscient que la méthode est bonne, mais il n’est jamais facile d’abattre un élevage, tant du côté de l’éleveur que des agents en charge d’opérer.
FO Agriculture réitère sa demande de poursuite systématique des agressions quelles qu’elles soient, et s’interroge aussi sur la possibilité d’une conditionnalité des indemnisations en lien avec les agressions physiques ou verbales des éleveurs envers les agents de l’État.
Vaccins :
Des vaccins ont été commandés, notamment à la banque européenne qui en a attribué dans l’urgence, la campagne est lancée. D’autres vaccins ont été commandés pour faire face aux besoins durant l’été.
Long terme :
La crise va s’inscrire dans la durée puisqu’il faut attendre 14 mois après le dernier foyer ou la dernière vaccination pour déclarer la zone indemne. Mais la zone réglementée n’est que sur un délai de 21 jours. Néanmoins, les équipes et les renforts nationaux, à leur retour dans leur service d’origine, seront encore fortement sollicités par la suite. Le travail quotidien reste en attente durant la gestion de la crise et la masse de travail s’étendra dans la durée. Une attention particulière sera portée sur le soutien à long terme de tous les agents impactés.
FO Agriculture souligne qu’elle restera vigilante sur les propos qui seront tenus par la ministre lors de sa visite sur le terrain, le jeudi 24 juillet 2025, et sera particulièrement attentive à ses annonces sur son soutien aux agents mobilisés.
FO rappelle qu’elle est la ministre de ses agents, et non uniquement la ministre des agriculteurs. Elle doit être aussi la garante des mesures sanitaires et de la sécurité de ses agents.
FO précise qu’il est indispensable qu’elle ait un discours sans équivoque à ce sujet, avant même d’aborder le sujet des indemnités qu’elle développera sans doute largement. Le contraire constituerait une réelle mise en danger de nos collègues et nous en tirerons les conséquences qui s’imposent.
Épilogue :
Lors de son déplacement en Savoie ce jeudi 24 juillet 2025, la ministre de l’Agriculture a insisté sur la nécessité légitime des mesures sanitaires, aussi douloureuse soient-elles. Elle a salué « quelque chose d’héroïque dans le fait d’accepter l’abattage des animaux… »
FO Agriculture est bien placée pour mesurer la souffrance que cela génère, mais regrette qu’elle n’ait pas évoqué publiquement le travail épuisant, physiquement et mentalement de ses agents, ni dénoncé les agressions dont ils ont été victimes.
FO Agriculture déplore également que la ministre n’ait pas renchéri les propos pertinents du président des jeunes agriculteurs qui demandait « que les services de l’État soient mieux dotés en termes d’effectifs », pour éviter que ce soit des bénévoles qui soient mobilisés lors des opérations d’abattage…
La gestion de crise est dans notre ADN… FO Agriculture a toujours été et restera à l’écoute des collègues engagés dans la tourmente.
Ensemble nous continuerons notre action pour défendre notre santé et notre sécurité, nos moyens d’action, mais aussi nos droits et nos conditions de travail.
Paris le 24 juillet 2025